jueves, 25 de enero de 2018




CUENTO LA BELLE AU BOIS DORMANT (por Charles Perrault)
Il était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants,
si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde: voeux,
pèlerinages, menues dévotions, tout fut mis en oeuvre, et rien n'y faisait.
Enfin, pourtant, la reine eut une fille. On fit un beau baptême; on donna
pour marraines à la petite princesse toutes les fées qu'on put trouver dans
le pays (il s'en trouva sept). afin que, chacune d'elles lui faisant un don,
comme c'était la coutume des fées en ce temps-là, la princesse eût,
par ce moyen, toutes les perfections imaginables. 

Après les cérémonies du baptême, toute la compagnie
revint au palais du roi, où il y avait un grand festin pour les fées. 

On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique,
avec un étui d'or massif où il y avait une cuiller,
une fourchette et un couteau de fin or, garnis de diamants et de rubis. 

Mais, comme chacun prenait place à table,
on vit entrer une vieille fée, qu'on n'avait point priée,
parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était
pas sortie d'une tour, et qu'on la croyait morte ou enchantée. 

Le roi lui fit donner un couvert; mais il n'y eut pas moyen
de lui donner un étui d'or massif, comme aux autres,
parce que l'on n'en avait fait faire que sept, pour les sept fées. 

La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques
menaces entre ses dents. Une des jeunes fées, qui se
trouva auprès d'elle, l'entendit et, jugeant qu'elle pourrait
donner quelques fâcheux dons à la petite princesse, alla,
dès qu'on fut sorti de table, se cacher derrière la tapisserie,
afin de parler la dernière, et de pouvoir réparer, autant qu'il
lui serait possible, le mal que la vieille aurait fait. 

Cependant les fées commencèrent à faire leurs dons à la princesse. 

La plus jeune lui donna pour don qu'elle serait la plus belle personne
du monde: celle d'après, qu'elle aurait de l'esprit comme un ange;
la troisième, qu'elle aurait une grâce admirable à tout ce qu'elle ferait;
la quatrième, qu'elle danserait parfaitement bien; la cinquième, qu'elle
chanterait comme un rossignol; et la sixième. qu'elle jouerait de toutes
sortes d'instruments dans la dernière perfection. 

Le rang de la vieille fée étant venu, elle dit, en branlant la tête encore
plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main
d'un fuseau, et qu'elle en mourrait. 

Ce terrible don fit frémir toute la compagnie, et il n'y eut personne
qui ne pleurât. Dans ce moment, la jeune fée sortit de derrière la
tapisserie, et dit tout haut ces paroles: 

– Rassurez-vous, roi et reine, votre fille n'en mourra point; il est
vrai que je n'ai pas assez de puissance pour défaire entièrement
ce que mon ancienne a fait; la princesse se percera la main d'un
fuseau; mais, au lieu d'en mourir, elle tombera seulement dans un
profond sommeil, qui durera cent ans, au bout desquels le fils d'un
roi viendra la réveiller. 

Le roi, pour tâcher d'éviter le malheur annoncé par la vieille,
fit publier aussitôt un édit par lequel il défendait à toutes personnes
de filer au fuseau, ni d'avoir des fuseaux chez soi, sur peine de vie. 

Au bout de quinze ou seize ans, le roi et la reine étant
allés à une de leurs maisons de plaisance il arriva que
la jeune princesse, courant un jour dans le château,
et montant de chambre en chambre, alla jusqu'au haut
d'un donjon, dans un petit galetas où une bonne vieille
était seule à filer sa quenouille. 

Cette bonne femme n'avait point ouï parler des
défenses que le roi avait faites de filer au fuseau. 

– Que faites-vous là, ma bonne femme? dit la princesse. 

– Je file, ma belle enfant, lui répondit la vieille, qui ne la connaissait pas. 

– Ah! que cela est joli! reprit la princesse; comment faites-vous?
donnez-moi que je vois si j'en ferais bien autant. 

Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était
fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées
l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main et tomba évanouie. 

La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours. 

On vient de tous côtés; on jette de l'eau au visage de la
princesse, on la délace, on lui frappe dans les mains, on
lui frotte les tempes avec de l'eau de la reine de Hongrie;
mais rien ne la faisait revenir. 

Alors le roi, qui était monté au bruit, se souvint de la prédiction
des fées, et, jugeant bien qu'il fallait que cela arrivât, puisque
les fées l'avaient dit, fit mettre la princesse dans un bel appartement
du palais, sur un lit en broderie d'or et d'argent. 

On eût dit d'un ange, tant elle était belle; car son évanouissement
n'avait point ôté les couleurs vives de son teint: 

Ses joues étaient incarnates, et ses lèvres comme du corail. 

Elle avait seulement les yeux fermés, mais on l'entendait respirer
doucement: ce qui faisait voir qu'elle n'était pas morte. 

Le roi ordonna qu'on la laissât dormir en repos, jusqu'à ce que son
heure de se réveiller fût venue. 

La bonne fée qui lui avait sauvé la vie en la condamnant à dormir
cent ans, était dans le royaume de Mataquin, à douze mille lieues
de là, lorsque l'accident arriva à la princesse; mais elle en fut avertie,
en un instant, par un petit nain qui avait des bottes de sept lieues
(c'était des bottes avec lesquelles on faisait sept lieues d'une seule
enjambée). 

La fée partit aussitôt, et on la vit, au bout d'une heure, arriver dans
un chariot tout de feu, traîné par des dragons. 

Le roi alla lui présenter la main à la descente du chariot. 

Elle approuva tout ce qu'il avait fait; mais, comme elle était grandement
prévoyante, elle pensa que, quand la princesse viendrait à se réveiller,
elle serait bien embarrassée toute seule dans ce vieux château. 

Voici ce qu'elle fit: 

Elle toucha de sa baguette tout ce qui était dans ce château (hors le roi
et la reine): les gouvernantes, filles d'honneur, femmes de chambre,
gentilshommes officiers, maîtres d'hôtel, cuisiniers, marmitons,
galopins, gardes, suisses, pages, valets de pied. 

Elle toucha aussi tous les chevaux qui étaient dans les écuries, avec
les palefreniers, les gros mâtins de la basse-cour, et la petite Pouffe,
petite chienne de la princesse, qui était auprès d'elle sur son lit. 

Dès qu'elle les eût touchés, ils s'endormirent tous, pour ne se réveiller
qu'en même temps que leur maîtresse, afin d'être tout prêts à la servir
quand elle en aurait besoin. 

Les broches mêmes qui étaient au feu, toutes pleines de perdrix et de
faisans, s'endormirent, et le feu aussi. Tout cela se fit en un moment:
les fées n'étaient pas longues à leur besogne. 

Alors le roi et la reine, après avoir baisé leur chère enfant sans qu'elle
s'éveillât, sortirent du château, et firent publier des défenses à qui que
ce soit d'en approcher. 

Ces défenses n'étaient pas nécessaires; car il crût dans un quart d'heure,
tout autour du parc, une si grande quantité de grands arbres et de petits,
de ronces et d'épines entrelacées les unes dans les autres, que bête ni
homme n'y aurait pu passer; en sorte qu'on ne voyait plus que le haut
des tours du château, encore n'était-ce que de bien loin. 

On ne douta point que la fée n'eût encore fait là un tour de son métier,
afin que la princesse, pendant qu'elle dormirait, n'eût rien a craindre des curieux. 

Au bout de cent ans, le fils du roi qui régnait alors, et qui était d'une
autre famille que la princesse endormie, étant allé à la chasse de ce côté-là,
demanda ce que c'était que des tours qu'il voyait au-dessus d'un grand bois fort épais. 

Chacun lui répondit selon qu'il en avait ouï parler: les uns disaient que c'était
un vieux château où il revenait des esprits; les autres, que tous les sorciers de
la contrée y faisaient leur sabbat. 

La plus commune opinion était qu'un ogre y demeurait, et que là il emportait tous
les enfants qu'il pouvait attraper, pour les pouvoir manger à son aise, et sans
qu'on le pût suivre, ayant seul le pouvoir de se faire un passage au travers du bois. 

Le prince ne savait qu'en croire, lorsqu'un vieux paysan prit la parole et lui dit: 

– Mon prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai ouï dire à mon père qu'il y
avait dans ce château une princesse, la plus belle du monde, qu'elle y
devait dormir cent ans, et qu'elle serait réveillée par le fils d'un roi, à qui
elle était réservée. 

Le jeune prince, à ce discours, se sentit tout de feu; il crut, sans balancer,
qu'il mettrait fin à une si belle aventure, et, poussé par l'amour et par la
gloire, il résolut de voir sur-le-champ ce qui en était. 

A peine s'avança-t-il vers le bois, que tous ces grands arbres, ces ronces
et ces épines s'écartèrent d'elles-mêmes pour le laisser passer. 

Il marche vers le château qu'il voyait au bout d'une grande avenue où il
entra, et, ce qui le surprit un peu, il vit que personne de ses gens ne l'avait
pu suivre, parce que les arbres s'étaient rapprochés dès qu'il avait été passé. 

Il ne laissa pas de continuer son chemin: un prince jeune et amoureux est
toujours vaillant. 

Il entra dans une grande avant-cour, où tout ce qu'il vît d'abord était capable
de le glacer de crainte. 

C'était un silence affreux: l'image de la mort s'y présentait partout, et
ce n'étaient que des corps étendus d'hommes et d'animaux qui paraissaient
morts. 

Il reconnut pourtant bien, au nez bourgeonné et à la face vermeille
des suisses, qu'ils n'étaient qu'endormis; et leurs tasses, où il y avait
encore quelques gouttes de vin, montraient assez qu'ils s'étaient endormis
en buvant. 

Il passe une grande cour pavée de marbre; il monte l'escalier; il entre dans
la salle des gardes, qui étaient rangés en haie, la carabine sur l'épaule, et
ronflant de leur mieux. 

Il traverse plusieurs chambres, pleines de gentilshommes et de dames,
dormant tous, les uns debout, les autres assis. 

Il entre dans une chambre toute dorée, et il voit sur un lit, dont les
rideaux étaient ouverts de tous côtes. le plus beau spectacle qu'il eût
jamais vu: une princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans, et
dont l'éclat resplendissant avait quelque chose de lumineux et de divin. 

Il s'approcha en tremblant et en admirant, et se mit à genoux auprès
d'elle. 

Alors, comme la fin de l'enchantement était venue, la princesse s'éveilla,
et, le regardant avec des yeux plus tendres qu'une première vue semblait
le permettre: 

– Est-ce vous mon prince? Lui dit-elle; vous vous êtes bien fait attendre. 

Le prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles
étaient dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa reconnaissance:
il l'assura qu'il l'aimait plus que lui-même. 

Ses discours furent mal rangés; ils en plurent davantage: peu d'éloquence,
beaucoup d'amour. 

Il était plus embarrassé qu'elle, et l'on ne doit pas s'en étonner: elle avait
eu le temps de songer à ce qu'elle aurait à lui dire; car il y a apparence
(l'histoire n'en dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un si long sommeil,
lui avait procuré le plaisir des songes agréables. 

Enfin, il y avait quatre heures qu'ils se parlaient, et ils ne s'étaient pas
encore dit la moitié des choses qu'ils avaient à se dire. 

Cependant tout le palais s'était réveillé avec la princesse: chacun
songeait à faire sa charge; et, comme ils n'étaient pas tous amoureux, ils
mouraient de faim. 

La dame d'honneur, pressée comme les autres, s'impatienta, et dit tout haut à
la princesse que la viande était servie. 

Le prince aida la princesse à se lever: elle était tout habillée, et fort magnifiquement;
mais il se garda bien de lui dire qu'elle était habillée comme sa mère-grand, et qu'elle
avait un collet monté; elle n'en était pas moins belle. 

Ils passèrent dans un salon de miroirs, et y soupèrent, servis par les officiers de la princesse. 

Les violons et les hautbois jouèrent de vieilles pièces, mais excellentes, quoiqu'il y eût près
de cent ans qu'on ne les jouât plus; et, après souper, sans perdre de temps, le grand aumônier
les maria dans la chapelle du château, et la dame d'honneur leur tira le rideau. 

Ils dormirent peu: la princesse n'en avait pas grand besoin, et le prince la quitta, dès le matin,
pour retourner à la ville, où son père devait être en peine de lui. 

Le prince lui dit qu'en chassant il s'était perdu dans la forêt, et qu'il avait couché dans la hutte
d'un charbonnier, qui lui avait fait manger du pain noir et du fromage. 

Le roi, son père, qui était bonhomme le crut; mais sa mère n'en fut pas bien persuadée,
et voyant qu'il allait presque tous les jours à la chasse, et qu'il avait toujours une raison en
main pour s'excuser quand il avait couché deux ou trois nuits dehors, elle ne douta plus
qu'il n'eût quelque amourette; car il vécut avec la princesse plus de deux ans entiers, et en eut
deux enfants, dont le premier, qui fut une fille, fut nommée Aurore, et le second, un fils, qu'on
nomma Jour: parce qu'il paraissait encore plus beau que sa soeur. 

La reine dit plusieurs fois à son fils, pour le faire expliquer, qu'il fallait se contenter dans la vie;
mais il n'osa jamais se fier à elle de son secret: il la craignait, quoiqu'il l'aimât, car elle était de
race ogresse, et le roi ne l'avait épousée qu'à cause de ses grands biens. On disait même tout
bas à la cour qu'elle avait les inclinations des ogres, et qu'en voyant passer de petits enfants, elle
avait toutes les peines du monde à se retenir de se jeter sur eux: ainsi le prince ne lui voulut jamais
rien dire. 

Mais quand le roi fut mort, ce qui arriva au bout de deux ans, et qu'il se vît le maître, il déclara
publiquement son mariage, et alla en grande cérémonie quérir la reine sa femme dans son château. 

On lui fit une entrée magnifique dans la ville capitale, où elle entra au milieu de ses deux enfants. 

Quelque temps après, le roi alla faire la guerre à l'empereur Cantalabutte, son voisin. 

Il laissa la régence du royaume à la reine sa mère, et lui recommanda fort sa femme et ses
enfants: il devait être à la guerre tout l'été; et, dès qu'il fût parti, la reine mère envoya sa bru et
ses enfants à une maison de campagne dans les bois, pour pouvoir plus aisément assouvir son
horrible envie. 

Elle y alla quelques jours après, et dit un soir à son maître d'hôtel: 

– Je veux manger demain à mon dîner la petite Aurore. 

– Ah! madame, dit le maître d'hôtel... 

– Je le veux, dit la reine (et elle le dit d'un ton d'ogresse qui a envie de manger de la
chair fraîche), et je la veux manger à la sauce Robert. 

Ce pauvre homme, voyant bien qu'il ne fallait pas se jouer à une ogresse, prit son
grand couteau, et monta à la chambre de la petite Aurore: elle avait pour lors quatre
ans, et vint en sautant et en riant se jeter à son col, et lui demander du bonbon. Il se
mit à pleurer: le couteau lui tomba des mains, et il alla dans la basse-cour couper la
gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce que sa maîtresse l'assura qu'elle
n'avait rien mangé de si bon. 

Il avait emporté en même temps la petite Aurore, et l'avait donnée à sa femme, pour la
cacher dans le logement qu'elle avait au fond de la basse-cour. 

Huit jours après, la méchante reine dit a son maître d'hôtel: 

– Je veux manger à mon souper le petit Jour. 

Il ne répliqua pas, résolu de la tromper comme l'autre fois. Il alla chercher le petit Jour, et
le trouva avec un petit fleuret à la main, dont il faisait des armes avec un gros singe: il n'avait
pourtant que trois ans. 

Il le porta à sa femme, qui le cacha avec la petite Aurore, et donna, à la place du petit Jour,
un petit chevreau fort tendre, que l'ogresse trouva admirablement bon. 

Cela était fort bien allé jusque-là: mais un soir, cette méchante reine dit au maître d'hôtel: 

– Je veux manger la reine à la même sauce que ses enfants. 

Ce fut alors que le pauvre maître d'hôtel désespéra de la pouvoir encore tromper. 

La jeune reine avait vingt ans passés, sans compter les cent ans qu'elle avait dormi: sa
peau était un peu dure, quoique belle et blanche; et le moyen de trouver dans la ménagerie
une bête aussi dure que cela? 

Il prit la résolution pour sauver sa vie, de couper la gorge à la reine, et monta dans sa
chambre dans l'intention de n'en pas faire à deux fois. Il s'excitait à la fureur, et entra,
le poignard à la main, dans la chambre de la jeune reine; il ne voulut pourtant point la
surprendre, et il lui dit, avec beaucoup de respect, l'ordre qu'il avait reçu de la reine mère. 

– Faites votre devoir, lui dit-elle en lui tendant le col; exécutez l'ordre qu'on vous a donné;
j'irai revoir mes enfants, mes pauvres enfants, que j'ai tant aimés! car elle les croyait morts,
depuis qu'on les avait enlevés sans lui rien dire. 

– Non, non, madame, lui répondit le pauvre maître d'hôtel, tout attendri, vous ne mourrez
point et vous ne laisserez pas d'aller revoir vos chers enfants; mais ce sera chez moi, où je
les ai cachés, et je tromperai encore la reine, en lui faisant manger une biche en votre place. 

Il la mena aussitôt à sa chambre, où la laissant embrasser ses enfants et pleurer avec eux,
il alla accommoder une biche, que la reine mangea à son souper, avec le même appétit que
si c'eût été la reine: elle était bien contente de sa cruauté, et elle se préparait à dire au roi, a
son retour, que les loups enragés avaient mangé la reine sa femme et ses deux enfants. 

Un soir qu'elle rôdait, à son ordinaire, dans les cours et basses-cours du château, pour y
halener quelque viande fraîche, elle entendit, dans une salle basse, le petit Jour, qui pleurait,
parce que la reine sa mère le voulait faire fouetter, à cause qu'il avait été méchant; et elle entendit
aussi la petite Aurore, qui demandait pardon pour son frère! 

L'ogresse reconnut la voix de la reine et de ses enfants, et, furieuse d'avoir été trompée, elle
commanda, dès le lendemain matin, avec une voix épouvantable qui faisait trembler tout le monde,
qu'on apportât au milieu de la cour une grande cuve, qu'elle fit remplir de crapauds, de vipères, de
couleuvres et de serpents, pour y faire jeter la reine et ses enfants, le maître d'hôtel, sa femme et
sa servante: elle avait donné ordre de les amener les mains liées derrière le dos. 

Ils étaient là, et les bourreaux se préparaient à les jeter dans la cuve, lorsque le roi, qu'on n'attendait
pas si tôt, entra dans la cour à cheval, il était venu en poste, et demanda, tout étonné, ce que voulait
dire cet horrible spectacle. 

Personne n'osait l'en instruire, quand l'ogresse enragée de voir ce qu'elle voyait, se jeta elle-même
la tête la première dans la cuve, et fut dévorée en un instant par les vilaines bêtes qu'elle y avait fait
mettre. Le roi ne laissa pas d'en être fâché: elle était sa mère; mais il s'en consola bientôt avec sa
belle femme et ses enfants.



CUENTO BEAUTIFUL WOOD DORMANT (por Charles Perrault)


 Había una vez un rey y una reina que lamentaban no tener hijos, tan enojados
que uno no puede decirlo. Fueron a todas las aguas del mundo: votos, peregrinaciones,
pequeñas devociones, todo se puso en acción y nada ayudó. Por fin, sin embargo, la reina
tenía una hija. Se hizo un hermoso bautismo; La princesa recibió como madrinas a todas
las hadas que se podían encontrar en el país (se encontraron siete). para que cada uno
de ellos le diera un regalo, como era costumbre de las hadas en ese momento, la princesa
tendría, por este medio, todas las perfecciones imaginables.


Después de las ceremonias bautismales, toda la compañía regresó al palacio del Rey,
donde había una gran fiesta para las hadas.


Delante de cada uno de ellos había una magnífica portada, con una caja de oro macizo,
en la que había una cuchara, un tenedor y un fino cuchillo de oro, adornado con diamantes
y rubíes.


Pero como todo el mundo estaba sentado a la mesa, no entraron en un viejo cuento,
que había pedido el punto, porque había más de cincuenta años que no estaba fuera
de una vez, y que ella fue pensada muerta o encantada.


El rey le dio una mesa; pero no había manera de darle una funda de oro sólida,
como las otras, porque solo siete habían sido hechas para las siete hadas.


La anciana pensó que la despreciaban y refunfuñó algunas amenazas entre sus dientes.
Una de las jóvenes hadas, que estaba con ella, la escuchó y, a juzgar por la posibilidad
de darle algunos regalos desagradables a la pequeña princesa, se fue, apenas abandonaron
la mesa, para esconderse detrás del tapiz, por lo que hablar el último, y poder reparar, en
la medida de lo posible, el mal que la anciana hubiera hecho.


Sin embargo, las hadas comenzaron a donar a la princesa.


La más joven le regaló que sería la persona más hermosa del mundo; la siguiente,
que tendría ingenio como ángel; el tercero, que ella tendría una gracia admirable
por todo lo que ella haría; el cuarto, que ella bailara perfectamente bien; el quinto,
que cantaría como un ruiseñor; y el sexto. que ella tocaría todo tipo de instrumentos
en la última perfección.


El rango del antiguo hada ha llegado, dice, sacudiendo la cabeza aún más a pesar
de la vejez, que la princesa le perforaría la mano con un huso y se moriría de ello.


Este terrible regalo sacudió a toda la compañía, y no había nadie que no llorara. En ese
momento, el joven hada salió de detrás del tapiz y dijo en voz alta estas palabras:


"Tranquilícese, Rey y Reina, su hija no morirá de eso; Es cierto que no tengo el poder
suficiente para deshacer por completo lo que mi viejo hizo; la princesa perforará la
mano de un huso; pero, en lugar de morir, solo caerá en un sueño profundo, que
durará cien años, al final del cual el hijo de un rey la despertará.


El rey, para tratar de evitar la desgracia anunciada por la anciana, publicó inmediatamente
un edicto por el cual prohibía a todas las personas girar en el eje, ni tener husos en el hogar,
con la pena de la vida.


Al cabo de quince o dieciséis años, cuando el rey y la reina fueron a una de sus
casas de placer, sucedió que la joven princesa, que corría un día en el castillo y
subía de habitación en habitación, subió a la cima de la una mazmorra, en una
pequeña buhardilla donde una buena anciana estaba sola haciendo girar su rueca.


Esta buena mujer no había oído hablar de las defensas que el rey había hecho
girar en el eje.


- ¿Qué estás haciendo allí, mi buena esposa? dijo la princesa.


"Me voy, mi hermosa niña", respondió la anciana, que no la conocía.


- Ah! que lindo es! respondió la princesa; ¿Cómo hace usted? dame que veo si haría tanto.


Apenas había dado en el clavo, que cuando estaba muy animada, un poco aturdida,
y, además, el juicio de las hadas así lo ordenó, se atravesó la mano y cayó desmayada.


La buena anciana, muy avergonzada, pide ayuda.


Venimos de todos lados; se arroja agua en la cara de la princesa, se suelta,
se golpea en las manos, se frota las sienes con el agua de la Reina de Hungría;
pero nada la hizo regresar.

Entonces el rey, que había subido al sonido, recordó la predicción de las hadas,
y, juzgando bien que tenía que suceder, como habían dicho las hadas, la princesa
había puesto en un hermoso apartamento.
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